Fil d'actualités

Des crimes de haine si «banals»

La vidéo virale du lynchage d'une ado trans dans le nord-est du Brésil relance le débat sur l'invisibilité des crimes de haine dans ce pays, où un·e LGBT décède de mort violente toutes les 25 heures. La vidéo est insoutenable: une...


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Des droits pour les mariés de même sexe, même en Roumanie

Le Etats de l'UE qui ne reconnaissent pas les couples homosexuels ne doivent pas les empêcher de vivre ensemble: c'est ce qu'il ressort d'un avis rendu cette semaine par la Cour de justice de l'Union. Les pays de l’Union européenne qui...


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Lesbiennes en proie à une violence invisible

Un rapport de HRW lève le voile sur la situation des homosexuelles ghanéennes, dont les persécutions échappent trop souvent au radar des défenseurs des droits humains, dans le cadre familial. Dénonciations arbitraires, raids policiers lors de soi-disant «mariages gay» ou passages...


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Lumineuse, l’actrice italienne est l’atout maître du biopic émouvant de la star, trente ans après sa mort, réalisé par Lisa Azuelos.

Auteure de comédies («LOL», «Une rencontre», «Comme t’y es belle!»), Lisa Azuelos s’attaque pour la première fois au biopic pour son sixième long-métrage, en brossant le portrait intime de Dalida, née Iolanda Gigliotti au Caire en 1933, et morte à Paris 53 ans plus tard. Dans la peau de l’icône de la chanson française, l’Italienne Sveva Alviti. C’est la révélation du film qui, en dépit de son côté hagiographique, séduit par le déroulement de l’intrigue, la qualité de la photographie, des décors, des costumes.
 
Les grands fans de Miss Bambino n’apprendront rien, mais l’aimeront sans doute encore plus. Les jeunes générations la découvriront. Entre son ascension fulgurante avec son premier Olympia en 1956 et sa triste chute, Lisa Azuelos dévoile une femme complexe, désespérée, amoureuse, mais entretenant des rapports compliqués avec les hommes, Indépendante financièrement et sexuellement, moderne dans une époque qui ne l’était pas, diva adulée par la plupart, raillée par certains, Dalida a suivi une trajectoire hors norme qui s’est dramatiquement achevée par un suicide aux barbituriques le 3 mai 1987. Elle avait laissé ce message: «La vie m’est insupportable. Pardonnez-moi.»
 
DEUX VISAGES
 
Derrière les triomphes de la légende (quelque 170 millions de disques vendus, dont 70 d’or), à travers les tubes illustrant les événements révélateurs de son existence tragique, (le fameux «Il venait d’avoir dix-huit ans», «Mourir sur scène», «Je suis malade», «Ciao amore ciao», «Gigi L’amoroso»), Lisa Azuelos dévoile une vedette magnétique, énergique, éclatante, mais aussi sombre et vulnérable sous les paillettes, victime du star system. Alors que toutes les femmes voulaient être comme elle, elle voulait être comme toutes les femmes. Avec un fort désir d’enfant. Mais un avortement l’avait rendue stérile.
 
Vouée aux passions malheureuses, elle apparaît brisée par les morts violentes et successives de ceux qu’elle aime. Celles du chanteur Luigi Tenco, son nouvel amour en 1967, de son ancien mari et pygmalion Lucien Morisse alors directeur d’Europe 1 (Jean-Paul Rouve), de son grand ami Mike Brant ou de son compagnon de neuf ans Richard Chanfray, le prétendu Comte de Saint-Germain (Nicolas Duvauchelle).
 
Encore fallait-il trouver celle qui allait porter cet hommage émouvant. Avec Sveva Alviti, au cursus cinématographique quasi inexistant, Lisa Azuelos a déniché l’oiseau rare. Bouleversante, magnifique, charismatique, son héroïne représente l’atout majeur de l’opus, la principale raison d’aller le voir. Elle s’est tellement investie dans le rôle qu’elle n’incarne pas, mais est tout simplement Dalida.