Fil d'actualités

Des crimes de haine si «banals»

La vidéo virale du lynchage d'une ado trans dans le nord-est du Brésil relance le débat sur l'invisibilité des crimes de haine dans ce pays, où un·e LGBT décède de mort violente toutes les 25 heures. La vidéo est insoutenable: une...


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Des droits pour les mariés de même sexe, même en Roumanie

Le Etats de l'UE qui ne reconnaissent pas les couples homosexuels ne doivent pas les empêcher de vivre ensemble: c'est ce qu'il ressort d'un avis rendu cette semaine par la Cour de justice de l'Union. Les pays de l’Union européenne qui...


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Lesbiennes en proie à une violence invisible

Un rapport de HRW lève le voile sur la situation des homosexuelles ghanéennes, dont les persécutions échappent trop souvent au radar des défenseurs des droits humains, dans le cadre familial. Dénonciations arbitraires, raids policiers lors de soi-disant «mariages gay» ou passages...


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Les premières conclusions d’une enquête sur les LGBT âgés menée à Genève sont inquiétantes.

Les seniors LGBT sont bien plus touchés par la solitude, l’exclusion et la discrimination que les autres aînés. Le dispositif social et institutionnel à Genève ne prend pas suffisamment en compte les besoins sociaux et de santé spécifiques aux aînés LGBT. Miguel Limpo, en charge de cette pré-enquête lancée par l’association 360 et soutenue par la Ville de Genève constate, étonné: «Quand on pose la question à des établissements médico-sociaux (EMS), à des institutions de soins à domicile ou à des clubs d’aînés, c’est comme si les LGBT n’y avaient jamais existé; ils en ont pour ainsi dire jamais entendu parler!» Pourtant, on estime le nombre de seniors LGBT dans le Canton de Genève à 6000 personnes environ.
 
CASE PLACARD
 
Cette possible disparition des statistiques pourrait être liée à une des craintes les plus fréquemment exprimée par les seniors LGBT, celle de devoir à nouveau se cacher: que ce soit dans l’espace fermé que représente un EMS, chez eux dans leur intimité lors de soins à domicile, ou encore dans des activités sociales telles que celle proposées dans les clubs d’aînés. Une peur qui pourrait d’ailleurs être avérée: une étude de 2015 de Pink Cross et LOS montrait que près de 40 % des personnes travaillant avec des personnes âgées n’avaient jamais abordé les questions LGBT dans leurs formations.
 
Tout n’est pourtant pas si gris. Les associations se mobilisent. A Zurich le projet d’une maison intergénérationnelle est en train de voir le jour. A Genève, le groupe Tamalou regroupe une soixantaine d’aînés gay et son succès fait figure d’exception. André Lauper se réjouit: «Nous avons jusqu’à une trentaine de participants lors de nos réunions mensuelles. Ils viennent grâce au bouche à oreille. Nous sommes certes une amicale de copains mais nous sommes aussi un groupe d’entraide, nous rendons visite aux membres hospitalisés ou en institution». Les membres de Tamalou ont en moyenne entre 65 et 75 ans.
 
SEXE ET ÂGISME
 
Les seniors LGBT souffrent particulièrement de l’âgisme. Le tabou de la sexualité est double. Miguel Limpo explique: «Nos sociétés rejettent toute allusion à la sexualité des aînés. Et ce rejet est encore plus fort quand on parle de personnes âgées lesbiennes, gays ou trans*. Les choses sont en train de changer doucement dans les EMS, c’est maintenant au tour des communautés LGBT de s’ouvrir davantage sur cette question!»