Fil d'actualités

GRINDR: DES DONNÉES VIH SEMÉES AUX QUATRE VENTS

Une ONG norvégienne a découvert que l’app de drague gay transmettait les statuts sérologiques déclarés par ses utilisateurs à des sociétés tierces. On va décidément de (mauvaise) surprise en (mauvaise) surprise avec Grindr. Après la révélation de la vulnérabilité...


Lire la suite

LA DEUXIÈME MORT DE «TÊTU»

Deux ans et demi après sa résurrection, le magazine gay français dépose une nouvelle fois son bilan. La relance du magazine français «Têtu» aura été éphémère. Son éditeur Idyls Media, a été placé en liquidation, a annoncé jeudi le...


Lire la suite

« Avec les femmes et les mineurs isolés, les personnes LGBT sont les migrants les plus en souffrance »

74 pays pénalisent toujours l’homosexualité et l’identité transgenre, parfois passibles de la peine de mort. Les femmes persécutées pour leur orientation sexuelle subissent plus souvent des viols ou des thérapies « de conversion » forcées, tandis que les hommes sont...


Lire la suite
012
Les associations pourront bientôt délivrer gratuitement des autotests de dépistage du VIH pour « les populations exposées au risque de transmission » et isolées du système de santé.
 
 
Le 15 septembre 2015, les autotests de dépistage du VIH étaient mis sur le marché. Vendus dans les pharmacies, ces autotests permettent d’obtenir rapidement un résultat, moyennant un coût compris entre 25 et 30 euros. Un relatif succès si l’on considère qu’il s’agit pour 36% des utilisateurs de leur premier dépistage du VIH et que 28% déclarent qu’ils ne seraient pas allés dans un centre si le test n’avait pas été disponible en pharmacie, selon une étude réalisée par Illicopharma fin 2015.
 
Elargir la disponibilité des autotests
Cependant, depuis la mise sur le marché de ces autotests, les associations dénonçaient leur coup prohibitif pour les personnes défavorisées et militaient pour un accès gratuit. Leur appel a été entendu puisqu’un arrêté a été récemment publié au Journal officiel afin d’élargir la disponibilité de ces autotests, lesquels seront prochainement distribués gratuitement par les associations. Car, comme le rappel le texte, « la connaissance de son statut sérologique le plus tôt possible présente pour la personne un intérêt individuel et collectif ». Ainsi, l’arrêté définit quelles populations pourront en bénéficier.
 
En somme, les populations à fort risque de transmission ainsi que celles qui sont isolées du système de santé, soit par choix soit par manque de moyens, sont ciblées par ce nouvel aménagement des conditions de délivrance des autotests. Les autres populations peuvent, quant à elle, avoir recours au TROD (Test Rapide à Orientation Diagnostique) ou à un dépistage classique en laboratoire.
 
Pour obtenir un autotest, il faudra réaliser un entretien individuel avec la structure en charge de la délivrance, soit dans ses locaux, soit par internet ou par téléphone. Dans ce cas, l’autotest sera expédié par courrier. Si le résultat est négatif, et s’il n’y a pas eu de prise de risque récente, il n’y aura pas de suivi particulier. Si le résultat est positif, le résultat devra être confirmé par un test en laboratoire et le patient sera orienté vers un médecin ou un établissement sanitaire pour une prise en charge adaptée.
 
Définir les modalités de délivrance et de suivi
Contactée par téléphone, le Docteur Arame Reymes-Mbodje, directrice des systèmes d’écoute de Sida Info Service, nous explique que « la personne rappelle volontairement la structure qui lui a délivré l’autotest », comme elle peut le faire après un achat en pharmacie. Cependant, elle souligne que « la structure [insistera], lors de l’entretien individuel, sur le parcours à effectuer une fois le résultat connu ». Dans tous les cas, « le numéro de Sida Info Service est mentionné sur chaque boîte », rappelle-t-elle.
 
L’arrêté a paru récemment au Journal officiel. Depuis, le ministère des Affaires sociales et de la Santé a lancé un appel à candidature (du 17/08 au 03/11) pour les associations et structures qui souhaitent pouvoir délivrer des autotests, ce qui permettra de définir les modalités précises de délivrance et de suivi. Par exemple, « on ne sait pas, pour le moment, si les autotests seront subventionnées par le ministère ou si les associations devront les acheter auprès des laboratoires », nous confie le docteur Arame Reymes-Mbodje.
 
 
Baisers cachés
 
 
Nouveau venu au lycée, Nathan, 16 ans, vit seul avec son père policier, Stéphane. Leurs rapports sont complices. Nathan est invité à une soirée où il flashe sur un garçon de sa classe. Ils se retrouvent à l’abri des regards et s’embrassent.
Mais quelqu’un les observe en cachette et publie la photo de leur baiser sur facebook : la rumeur se répand sur le net et provoque le scandale au lycée et dans les familles. Stéphane découvre l’homosexualité de son fils. Il est choqué et se détourne de Nathan. 
Au lycée, les élèves harcèlent Nathan et s’interrogent sur l’identité de l’autre garçon. Nathan, amoureux, refuse de révéler l’identité de son amoureux et fait front contre les moqueries et le violence. Pourra-t-il compter sur son père ? Et sur celui qu’il aime ?
 
Pour voir ce film clique sur ce lien: Lien 

 

Les autorités de Dubaï ont empêché Gigi Gorgeous, une star transgenre canadienne, d'entrer dans le pays. Heureusement, son petit chéri était là pour la consoler...
 
Non, vous avez bien compris. Cette belle blonde aux yeux bleus est un transgenre. 
 
 
La Canadienne Gigi Gorgeous est une célèbre YouTubeuse et apprend aux jeunes filles du monde entier à se maquiller comme il faut. Le 9 mai, elle est arrivée à l'aéroport de Dubaï pour y passer ses vacances. A peine a-t-elle posé le pied sur le sol que des officiers chargés de l'immigration l'ont arrêtée. Parce qu'elle est transgenre.
 
"On m'a dit que, parce que j'étais transgenre, je ne pouvais pas rester sur le territoire des Emirats arabes unis", a raconté le mannequin de 24 ans.
 
Relâchée au bout de cinq heures, elle est tombée dans les bras de son petit chéri qui l'attendait. La direction de l'aéroport a expliqué que le passeport de Gigi indiquait qu'elle était de sexe masculin. La photo du document a été également prise à l'époque où la reine du maquillage était encore un homme.
 
Aux Emirats arabes unis, il est strictement interdit aux hommes d'imiter les femmes. Le contrevenant est notamment passible d'une année de prison.
 

A se poser la question cette année…

Habituellement nous ne regardons pas le sport et encore moins les Jeux Olympiques à Rio cette année mais en découvrant ces screenshoots nous allons vite nous y mettre finalement pas vous ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source

 

L’ex-présidente du Parti chrétien démocrate, Christine Boutin, a été condamnée vendredi 18 décembre à 5 000 euros d’amende pour « provocation publique à la haine ou à la violence » envers les homosexuels pour avoir dit que « l’homosexualité est une abomination ».
 
 
Le tribunal correctionnel a été au-delà des réquisitions du procureur, qui avait réclamé à l’audience fin octobre une amende de 3 000 euros à son encontre. Christine Boutin a également été condamnée à verser 2 000 euros de dommages et intérêts à chacune des deux associations, Mousse et Le Refuge, qui s’étaient constituées parties civiles.
 
« Le péché n’est jamais acceptable »
 
Dans un entretien au magazine Charles paru en avril 2014 sous le titre « Je suis une pécheresse », Christine Boutin affirmait : « L’homosexualité est une abomination. Mais pas la personne. Le péché n’est jamais acceptable, mais le pécheur est toujours pardonné ».
 
« Ce que l’on entend dans vos propos, c’est que les homosexuels sont une abomination », avait résumé le procureur, indiquant que le parquet avait reçu 500 plaintes de particuliers outrés après sa déclaration.
 
Son avocat avait plaidé la relaxe, estimant que sa cliente était jugée pour « une opinion ». Il lançait alors :
 
« Votre décision aura des conséquences énormes sur la liberté d’expression. Si vous suivez les réquisitions du procureur, alors il faut saisir la Bible ! »
Lors des débats, l’ex-ministre du logement de Nicolas Sarkozy avait expliqué avoir « hésité à répondre à cette question qui faisait référence à une citation de l’Ancien et du Nouveau Testament » avant de se dire que c’était « une occasion de clarifier [sa] pensée ».
 
« Mon opinion s’inscrit dans la tradition chrétienne », avait justifié l’ancienne députée des Yvelines, tout en précisant qu’elle avait regretté ses propos par la suite :
 
« Mais je suis une femme directe, j’essaye d’être en accord avec mes convictions profondes mais cela ne veut pas dire que je condamne les personnes homosexuelles. »
 
 

Il y a aussi de l'amour à ces Jeux Olympiques!

Certains rentreront chez eux/elles sans médaille de ces Jeux Olympiques de Rio 2016… Comme Tom Bosworth par exemple, mais à en croire le marcheur britannique, ce n'est franchement pas si dramatique. En effet, l'athlète a battu le record de son pays ce vendredi 12 août lors de la finale des 20 km marche. «Pas de médaille, mais je n'oublierai jamais avoir été en tête des JO pendant 10 km et avoir fini 6ème, alors que j'étais classé 37ème!»

Il s'agissait des premiers JO de ce marcheur de 26 ans, qui a fait son coming-out en octobre 2015. Son compagnon Harry Dineley est d'ailleurs à ses côtés à Rio… et a eu droit à une belle surprise hier:

Source

 

Hier à Durban, au cours de la 21ème Conférence internationale sur le sida, les résultats du traitement préventif contre le VIH – ou PrEP – ont été rendus public.
 
 
« Les résultats de la phase de l’essai « en ouvert » confirment la très bonne efficacité et la très bonne tolérance de la PrEP à la demande pour prévenir le risque d’infection chez des HSH (les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, ndlr) à haut risque » annonçait hier le professeur Jean-Michel Molina en charge de l’essai thérapeutique sur l’utilisation préventive du traitement anti-rétroviral chez les séronégatifs, également appelée PrEP.
 
Entre novembre 2014 et juin 2016, 362 volontaires ont ainsi été suivis dans le cadre de l’essai thérapeutique IPERGAY réalisé par l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS) sur la Prophylaxie Pré-exposition à la demande. Le médicament actuellement utilisé est le Truvada®, « une combinaison de deux anti-rétroviraux couramment utilisés pour le traitement des personnes séropositives » comme le précise le site d’IPERGAY. Et les résultats définitifs de la dernière phase (dite « en ouverte ») dévoilés hier semblent très prometteurs : un seul volontaire a été infecté par le VIH au cours de l’essai, or il avait arrêté son traitement tout en continuant à avoir des rapports homosexuels non protégés.
 
Quels avantages de la PrEP ?
Une conclusion qui pousse le professeur Molina à affirmer que « la question n’est plus aujourd’hui de savoir si la PrEP est efficace et doit être utilisée, mais comment la mettre rapidement à disposition des personnes les plus à risque ». D’ailleurs, si la PrEP peut également être prise en continu, Jean-Michal Molina note les avantages de sa prise à la demande, c’est-à-dire lors des périodes d’activités sexuelles :
 
L’intérêt de l’essai IPERGAY c’est une prise à la demande, c’est-à-dire que les gens ne prennent le traitement que lorsqu’ils s’exposent aux risques. Pourquoi prendre tous les jours un traitement qui est contraignant, qui a des effets secondaires, qui a un coût relativement important ? Le proposer à la demande, c’est une façon pour la personne de se protéger quel que soit le type de prévention que le partenaire va utiliser.
 
La PrEP est déjà disponible dans certains hôpitaux et prise en charge par la sécurité sociale depuis la fin de l’année 2015 (selon une recommandation temporaire d’utilisation) mais d’après le professeur Molina, ces « résultats devraient favoriser une plus large utilisation de la PrEP dans les populations à risque, dans les pays où la situation de l’épidémie le justifie ».
 
Vers un essai à plus grande échelle
En outre, L’ANRS lancera à la fin de l’année un nouveau programme de prévention, ANRS PREVENIR, destiné à évaluer l’efficacité de la PrEP à grande échelle, en Île-de-France, auprès de 3000 personnes « à haut risque d’infection par le VIH » à savoir entre autres les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), les personnes transgenres et les personnes migrantes.
 
Pour autant, la PrEP reste un outil de prévention additionnel, et la priorité est donc toujours à la prévention diversifiée ou combinée qui comprend à la fois le préservatif – la PrEP ne protégeant pas des autres infections sexuellement transmissible – le dépistage régulier, et la prise de traitement immédiate pour les personnes séropositives.
 
 
Au Royaume-Uni, un jeune homme de 20 ans a été brûlé vif alors qu’il se promenait dans la rue, dans ce qui s’apparente à une terrible attaque homophobe.
 
 
Stockton-on-Tees est une petite localité du comté de Durham dans le nord-est de l’Angleterre, d’apparence tranquille. Rien ne laissait présager la terrible attaque homophobe qui s’y est déroulée mercredi tôt dans la matinée.
 
Un jeune homme de 20 ans se promenait dans les environs de la Holy Trinity Church, une magnifique église en ruine ravagée il y a quelques années par le feu, lorsqu’un groupe de quatre individus l’a accosté et a commencé à lui poser des questions très personnelles sur sa sexualité. La victime a préféré ignorer ses assaillants et a continué à marcher comme si de rien n’était.
 
Alors qu’il continuait son chemin, l’un des hommes est venu se placer derrière lui, l’a aspergé avec un aérosol sur les jambes avant d’y mettre le feu. Les agresseurs ont ensuite pris la fuite laissant le jeune homme atrocement brûlé sur les mollets, nécessitant plusieurs greffes de peau.
 
La police de Cleveland, en charge de l’enquête, s’oriente d’ores et déjà vers une attaque homophobe et appelle les éventuels témoins à se manifester pour retrouver les quatre assaillants. L’agresseur principal serait un homme blanc d’une petite vingtaine d’années, aux cheveux blonds et à la carrure moyenne.
 
Sarah Lewis, une militante des droits LGBT locale, a rappelé que les crimes haineux étaient moins souvent signalés que les autres aux services de police. Mais de souligner que ce genre d’attaque physique d’une extrême violence étaient très rares. Les attaques verbales homophobes et transphobes, notamment sur les réseaux sociaux, sont plus courantes selon elle.
 
En mai dernier, un jeune couple homo avait également été violemment agressé par plusieurs individus dans la ville de Brighton au sud de l’Angleterre, pourtant réputée comme étant une destination très gay-friendly dans le pays et au-delà. L’un des deux jeunes hommes avait eu un os du visage fracturé et avait failli perdre la vue d’un oeil suite à cette terrible attaque homophobe.
 
 
 
 
Maxime, 32 ans, et Victor, 18 ans, sont en scooter à l’arrêt au feu rouge place de la République à Paris. Derrière eux, les occupants d’une voiture lambda s’énervent sur des cyclistes : « Ils leur hurlaient dessus, alors j’ai crié ‘ta gueule’ « , explique Victor. Maxime, quant à lui, se retourne pour voir ce qu’il se passe et à qui ils ont à faire. C’est alors qu’il se rend compte que l’un des trois hommes a un pistolet en bandoulière, et qu’il s’agit donc de policiers en civil.
 
Les deux jeunes hommes ne font pas les fiers et attendent que le feu passe au vert en espérant que la situation file rapidement. Le couple démarre, le gyrophare s’allume et les deux passagers sont priés de se garer et de descendre de scooter. Les policiers en civil sortent brusquement de leur véhicule, sépare le couple et commence un contrôle musclé mais dans les règles. L’un des policiers leur lance « Comment oses-tu m’insulter ? ». Les deux jeunes hommes ne bronchent pas mot face à la virulence des fonctionnaires.
 
Tout dérape lorsque les policiers demandent à Victor qui est Maxime :
 
Il m’a demandé si c’était mon frère, je lui ai dit que non, c’était mon copain.
 
S’en suivent une série d’insultes homophobes de la part des policiers :
 
Pédé ! Il te défonce ton copain ? Tu le suces ?
 
On les menace de finir en garde à vue pendant 72h… Victor, terrifié, est violemment fouillé. Selon lui, on lui faisait volontairement mal. A tel point que sa respiration est coupée lorsque l’un des policier lui enfonce violemment le plexus.
 
Pendant ce temps-là, Maxime, qui n’assiste pas à la scène mais entend les insultes, en prend également pour son grade :
 
L’un des policiers m’a dit « si vous étiez des loulous dans les cités, ça ne se serait pas passé comme ça, vous seriez morts. Mais vous êtes des petits bobos parisiens… »
 
Au bout d’un moment, Victor informe les policiers de la profession de son copain : collaborateur de l’adjoint au maire communiste Ian Brossat. Changement de comportement. Les policiers réalisent qu’ils ont « merdé », qu’ils sont allés trop loin. Ils tentent même de se faire passer pour des gentils, ou tout du moins pour les moins pire :
 
Vous avez de la chance d’être tombés sur nous. Vous auriez pu tomber sur des flics qui vous auraient cassé la gueule…
 
Maxime et Victor soulignent que rien ne permettait de savoir qu’il s’agissait de policiers : « Ils n’avaient pas de matricule et dans cette situation on n’a pas pensé à relever la plaque d’immatriculation ». De fait, les deux hommes ne savent pas si une plainte auprès de l’IGPN (la police des polices) pourrait avoir des suites. Et après cette expérience traumatisante auprès des forces de l’ordre, ils craignent un peu d’être confrontés à nouveau aux policiers.
 
Surtout que depuis qu’ils ont relatés cette histoire sur Twitter, ils ont reçu un flot de commentaires homophobes, disant en substance que c’était « mérité », que c’était des « enculés »… Un climat qu’ils souhaitent apaiser au plus vite pour passer à autre chose.
 
De son côté, FLAG, association de soutien et de défense des policiers et gendarmes LGBT que nous avons contacté, juge les « faits extrêmement graves », selon les mots de son président Mickaël Bucheron. L’association invite fortement les deux victimes à les contacter pour savoir ce qui s’est réellement passé et en référer au ministère de l’Intérieur et à la Préfecture de Police de Paris afin que les éventuels coupables soient identifiés et sanctionnés.
 
Pour FLAG, de tels comportement sont inadmissibles et jettent le discrédit sur l’institution alors que l’association, quant à elle, fait un travail de fond pour changer l’image de la police souvent vue comme homophobe.
 
 
 
Glass, Ice, Krank, Tweak… Ou encore Tina. Voire même un simple T. Pour annoncer leurs soirées sur les sites de rencontres gays tels que Grindr, PlanetRomeo, Scruff ou Recon, les organisateurs d’orgies sous crystal meth ont recours à de nombreux noms de code pour s’adresser aux initiés. Ceux qui recherchent ce type d’expérience sont souvent encore plus discrets, se contentant d’un T majuscule glissé dans un mot anodin sur leur profil, du genre «I like to parTy». De nombreux clubs berlinois ayant une politique stricte vis-à-vis de la drogue – fouille minutieuse à l’entrée et fréquents contrôles aux abords des toilettes et des darkrooms – ces fêtes ont lieu la plupart du temps dans des appartements privés, à l’abri des regards indiscrets.
 
Afin d’augmenter l’intensité du flash provoqué par le crystal meth, la métamphétamine est consommée de préférence par voie intraveineuse par les participants, ce qui vaut à ces soirées le surnom de slamming parties (de l’anglais to slam, injecter), terme qui correspond désormais aussi à tout un pan de la production porno gay.
 
Les gens n’ont plus faim, ne sentent plus la douleur, n’ont plus besoin de sommeil.
.
A lire également: «Suisse: pas si sexe, drogue et rock’n’roll»
 
«Le flash est très puissant et il arrive très vite. Le fait que cette drogue fasse rapidement de l’effet fait que les consommateurs perdent en un instant toutes leurs inhibitions», explique Andreas von Hillner, responsable des consultations pour problèmes d’addiction au sein de la Schwulenberatung Berlin, un centre d’aide et de conseil destiné aux homosexuels. «Les gens qui viennent en consultation parlent d’une grande euphorie associée à une forte excitation, mais dénuée de peur. L’effet subjectif que provoque le crystal meth est un sentiment de puissance, d’invulnérabilité. Les gens n’ont plus faim, ne sentent plus la douleur, n’ont plus besoin de sommeil.»
 
ÉRECTIONS
 
En conséquence, il n’est pas rare que ces orgies s’étirent sur plusieurs nuits et journées. Afin de pouvoir prétendre à des performances sexuelles à la hauteur de leur état d’euphorie totale, les adeptes de ces soirées associent leur consommation de drogue à des médicaments prescrits en cas de trouble de l’érection, du type Viagra: «Toutes les amphétamines et métamphétamines empêchent d’avoir une érection et d’atteindre l’orgasme», rappelle Andreas von Hillner, qui souligne que les participants des slamming parties ont également de plus en plus souvent recours à des substances médicamenteuses, comme l’Androskat ou le Caverject, qui sont injectées directement dans le pénis à l’aide d’une seringue.
 
Au printemps dernier, le magazine berlinois Zitty consacrait un reportage à ce phénomène. Le journaliste Stefan Hochgesand, qui s’était rendu à une de ces soirées, décrivait en ces termes l’ambiance qui régnait dans un bel appartement ancien du quartier de Neukölln, dans lequel était rassemblée une douzaine d’hommes: «Ça se bécote, ça suce et ça baise, à deux, à trois, à quatre, aussi sans préservatifs. […] Les drogues et le matériel d’injection sont étalés sur la table du salon. Deux hommes s’enfoncent l’un après l’autre la même seringue dans le bras. […] Deux autres hommes un peu plus âgés sont étendus sur le tapis moelleux, les cheveux en bataille et presque dans un état comateux.»
 
Le public de ces soirées est très diversifié. «Il y a de tout», explique Andreas von Hillner. «Des hommes de 18 à 60 ans et de toutes les classes sociales. Des étudiants, des apprentis, des ouvriers, des médecins, des fonctionnaires, des hommes politiques…» Ce phénomène venu de Londres s’est tellement propagé à Berlin depuis le début de la décennie 2010 que la ville est devenue la capitale des orgies sous crystal meth sur le Vieux-Continent. «Le nombre de personnes qui viennent nous consulter est en pleine explosion», prévient Andres von Hillner. «Nous avons actuellement entre deux et cinq nouvelles personnes par semaine.»
 
CONSÉQUENCES DÉSASTREUSES
 
Au-delà des risques que prennent les participants des slamming parties en se partageant les seringues et en ayant des rapports non protégés, l’usage répété de crystal meth a des conséquences désastreuses sur la santé mentale des consommateurs, prévient Andreas von Hillner. «La plupart souffrent de paranoïa, de dépression, d’angoisse, de délire de persécution…» Il donne l’exemple d’un homme qui était persuadé que son smartphone avait été manipulé, d’un autre qui pensait que quelqu’un se tenait en permanence devant la porte de son appartement, ou d’un autre encore qui pensait être surveillé par la police. «La plupart de ceux qui viennent chez nous ont perdu le contrôle depuis longtemps.»
 
Et le chemin de la guérison est très long. Et passe même parfois par une phase d’abstinence volontaire, fait remarquer Andreas von Hillner: «Beaucoup d’entre eux ne peuvent plus envisager d’avoir des relations sexuelles sans avoir pris de drogue. Il leur faut tout réapprendre.»
 
 

L’Islande, pays considéré comme l’un des plus «gay friendly» de la planète, célèbre chaque mois d’août une Pride de six jours.
Un événement national, qui draine un Islandais sur trois.

Imaginez une Gay Pride à Paris réunissant 20 millions de personnes. Ou alors un des défilés de la fierté homo de Suisse rassemblant 2,7 millions de participants enthousiastes. L’image est à la mesure de ce qu’ont la chance de vivre les Islandais. Leur Pride, qui se déroule chaque année début août à Reykjavik, draine au bas mot 30 % de la population du pays. Sans aucun doute une rareté mondiale!
 
Dans ce petit Etat de 330’000 habitants (moins que le canton de Genève), plus de 100’000 personnes viennent en effet célébrer la fierté LGBTIQ. Homos, hétéros, cousins-cousines, papis-mamis, s’y retrouvent en famille dans une sorte de communion nationale. Ce qui en fait, proportionnellement, la plus grande Pride du monde, ou en tout cas, la plus populaire. Et ce n’est pas n’importe quelle fête: les festivités, qui conjuguent comme il se doit événements festifs, ateliers et stands d’infos, durent six jours. La capitale se drape des couleurs arc-en-ciel, une rue est même entièrement peinte aux tons de la fierté homo pour l’occasion.
 
«Ce n’est pas seulement une Pride qui réunit la communauté LGBTIQ. Les Islandais sont fiers de cet événement car il dit beaucoup de leur ouverture d’esprit, il est comme une vitrine sur le monde»
Ces célébrations commencent à attirer les touristes étrangers, les Américains notamment, qui apprécieraient leur côté singulier et non commercial. «Ce n’est pas seulement une Pride qui réunit la communauté LGBTIQ. Les Islandais sont fiers de cet événement car il dit beaucoup de leur ouverture d’esprit, il est comme une vitrine sur le monde», explique Hannes Palsson. Ce militant homo a monté avec une bande de potes l’agence de voyages Pink Iceland, laquelle propose toute une série d’activités conçues pour la clientèle LGBTIQ, à la hauteur de l’imagination très développée des Islandais pour attirer les touristes et se relier au monde. Cela va d’un pink tour de Reykjavik qui vous compte l’histoire de la mobilisation homo à des activités conçues sur mesure. On peut même se marier dans des lieux improbables, au cœur d’une grotte de glace ou au sommet d’un volcan, une tendance en pleine croissance. Adieu cérémonies fleuries sous les Tropiques!
 
La Pride, elle, ne manque pas d’être valorisée dans les brochures de l’Office du tourisme islandais. En 2010, Jon Gnarr, acteur et humoriste devenu maire de Reykjavik, conséquence directe de la crise financière de 2008, n’avait pas hésité à défiler en tête de parade en drag queen. Vous verriez le maire de Sion, Fribourg, Lausanne ou Genève en talons hauts et robe à paillettes?
 
HISTORIQUE
 
A l’instar de ses voisins nordiques, l’Islande est l’un des pays les plus tolérants envers les minorités sexuelles. Les homos peuvent se marier depuis 2010, ils peuvent adopter des enfants, ont accès à la procréation médicalement assistée et la loi punit toute discrimination basée sur l’orientation sexuelle. L’Eglise nationale d’Islande, l’an dernier, s’est engagée à célébrer des mariages «dans toute leur diversité». Et l’organisation nationale queer Samtökin 78 ne manque pas d’idées pour faire encore avancer encore la cause. Elle travaille actuellement à la mise en place de programmes éducatifs queer dans certaines écoles du pays.
 
«L’Islande a aussi une particularité: c’est un village, où tout le monde se connaît.»
L’Islande est le premier pays à avoir décriminalisé l’homosexualité, en 1940. Les militants les moins jeunes se souviennent toutefois du temps où, dans la vie quotidienne, les homos n’étaient pas toujours acceptés. Dans les années 80, leur présence était bannie des radios et chaînes de télévision, certains bars ou boîtes de nuit leur refusaient ouvertement l’entrée dans leur établissement. Les années qui ont suivi sa création, en 1978 comme son nom l’indique, l’organisation Samtökin 78 a dû déménager à maintes reprises faute de trouver un propriétaire d’accord d’abriter ses activités. Comment expliquer alors un changement de mentalité aussi rapide? «Il y a plusieurs facteurs, poursuit Hannes Palsson. Les années sida ont bien sûr joué, comme partout dans le monde, mais l’Islande a aussi une particularité: c’est un village, où tout le monde se connaît. Alors forcément chaque famille a un gay ou une lesbienne parmi les siens, ce qui a grandement facilité la tolérance. En outre, la religion ne joue pas un rôle de poids dans notre pays, ce qui fait que les lois ont pu évoluer très rapidement, sans grande opposition. Il faut aussi relever que des personnalités homo du monde culturel ou des affaires, appréciées dans l’opinion publique, qui ont fait leur coming out, ont aussi joué un rôle important pour cette évolution.»
 
LES PLUS HEUREUX DU MONDE
 
L’Islande est d’ailleurs le seul pays d’Europe à avoir eu une première ministre homosexuelle, et qui ne s’en est pas cachée. L’an dernier, une étude conduite par l’Université de Mainz en Allemagne pour le compte du site PlanetRomeo, est arrivée à la conclusion que la communauté gay islandaise (masculine) était la plus heureuse du monde. On peut penser ce que l’on veut de ce type d’enquête, mais l’indice de «bonheur gay» a été élaboré de manière rigoureuse sur la base de trois critères: le baromètre de tolérance dans l’opinion publique, soit le ressenti des hommes gays de la perception sociale de l’homosexualité; le comportement de la société, évalué à partir des expériences vécues par les gays; et enfin le sentiment de satisfaction personnelle dans sa vie, mesuré notamment à partir de critères comme le fait de s’accepter en tant que gay. L’Islande devance ainsi les autres pays nordiques dans ce classement.
 
A se demander donc si durant leur Pride si populaire, les Islandais ont encore quelque chose à revendiquer. «Disons que nous célébrons surtout nos victoires, commente Hannes Palsson. Et il faut tout de même dire que les Islandais ont encore des progrès à faire, notamment en matière de tolérance à l’égard des personnes intersexes et transgenres».
 
Pride de Reykjavik: du 2 au 7 août 2016
 
 
La communauté internationale est en deuil depuis la tuerie d’Orlando survenue hier, laquelle est avant tout un massacre homophobe.
 
 
Dans la nuit de samedi à dimanche, Omar Mateen, un citoyen américain d’origine afghane, ouvre le feu dans une célèbre boîte de nuit gay d’Orlando : le Pulse. Au total, cinquante personnes sont tuées, et cinquante-trois blessées. Le forcené est également abattu par les forces de l’ordre. L’État islamique – auquel Omar Mateen avait prêté allégeance avant d’entrer dans le night-club – a depuis revendiqué l’attaque dans un communiqué. Une revendication terroriste qui n’occulte pas le caractère homophobe de l’attaque. Car la fusillade la plus meurtrière de l’histoire des États-Unis est également l’un des pires massacres homophobes de l’histoire.
 
L’homophobie explicite de Daesh
La position de Daesh est d’ailleurs sans équivoque vis-à-vis de l’homosexualité qu’il considère comme une abomination. Sur les territoires administrés par l’État Islamique, les homosexuels font ainsi l’objet d’une véritable chasse aux sorcières. Pourchassés sur les réseaux sociaux et les applications de rencontre, les gays sont aussi torturés une fois capturés, pour qu’ils livrent le nom de leurs amis. Qu’ils soient mineurs ou majeurs, ils risquent alors d’être condamnés pour homosexualité, et jetés du haut des buildings, les yeux bandés et les mains attachées derrière le dos. L’année dernière, une victime de Daesh révélait même au journal The Independant, que ceux qui survivaient à la chute étaient ensuite lapidés à mort par les personnes réunies pour assister à l’exécution… Le fait qu’une boîte de nuit gay, et par conséquent fréquentée par la communauté LGBT, ait été visées par une attaque terroriste qualifie donc bien la tuerie comme une attaque homophobe.
 
Interviewé par BFM TV, le président du comité IDAHO France, Alexandre Marcel, qualifie même la tuerie comme « le pire massacre homophobe de l’histoire ». Jusqu’à présent, c’est la Seconde Guerre mondiale qui s’imposait comme la plus grande atrocité commise contre les homosexuels, lesquels ont été déportés à cause de leur orientation sexuelle, estampillés d’un triangle rose et parfois même exécutés.
 
Un second massacre homophobe évité à L.A.
Une seconde attaque homophobe aurait d’ailleurs pu survenir sur le sol américain, quelques heures seulement après la tuerie d’Orlando. Hier à Santa Monica, un véhicule est intercepté par la police : il contient trois fusils d’assaut et plusieurs litres de produits chimiques permettant de réaliser des explosifs. Le conducteur, un homme d’une vingtaine d’années, avoue alors qu’il comptait attaquer la Gay Pride de Los Angeles, un important rassemblement célébrant la fierté LGBT. Là encore, et bien que les autorités n’aient pas établi de liens entre les deux attaques, l’attentat visait explicitement la communauté LGBT.
 
Cette série d’évènements intervient alors que les États-Unis se déchirent aux sujets des « bathroom issues » et autres lois anti-gay promulguées par plusieurs États à l’instar du Mississippi et de la Caroline du Nord. Alors que le premier a supprimé les lois anti-discriminations contre les personnes LGBT pourtant si difficilement acquises, le second empêche désormais les personnes trans d’utiliser les toilettes correspondant à leur identité de genre vécu, au risque de la violence psychologique et des persécutions que cette mesure engendre.
 
La lutte contre l’homophobie continue
Le caractère homophobe de la tuerie d’Orlando a pourtant tardé à être souligné par les médias d’informations et notamment les médias français, mais n’a pas échappé à certaines personnalités politiques.
 
Manuel Valls, Anne Hidalgo, Franck Riester et d’autres ont adressé des tweets de soutien dans lesquels ils rappellent que l’attaque visait la communauté LGBT, et ont par la même occasion marqué leur engagement contre l’homophobie. Pour d’autres internautes, l’évènement est une dramatique manifestation des discriminations et des violences dont sont quotidiennement victimes les gays, les lesbiennes, les bis et les trans.
 
Derrière les hashtags #LoveIsLove ou #LoveWins, c’est la liberté d’aimer qui est défendue à travers le monde, comme plus tôt la liberté d’expression et le mode de vie occidental visés par des actes terroristes.
 
D’autres internautes épinglent les marques de soutien malvenues de la part d’organismes qui ont alimenté la haine envers les homosexuels et la libération de la parole homophobe au moment des débats autour du mariage pour tous. La Manif Pour Tous s’est ainsi fendue d’un tweet de soutien aux victimes d’Orlando, mais n’a pas manqué d’être critiquée par certains twittos, lesquels ont souligné que les bonnes intentions ne permettent pas d’effacer un comportement homophobe de longue date…
 
Pour marquer son soutien à la communauté LGBT du monde entier, la Tour Eiffel sera éclairée aux couleurs de l’arc-en-ciel, tandis que l’Hôtel de Ville de Paris brandit déjà les couleurs LGBT ainsi que le drapeau américain. D’autres initiatives similaires voient le jour à travers le monde, clamant à l’unisson que l’amour vaincra, #LoveWins.
 
 

Alors que débute aujourd'hui l’Euro 2016, l’homophobie dans le football est toujours bien présente en dépit d'initiatives courageuses ces dernières années.

 

 

Le sport le plus populaire au monde n’est toujours pas ouvert à tout le monde. Il reste un bastion ultra de la masculinité où l’homophobie, le sexisme, le racisme sont revendiqués comme autant de preuves d’une incontestable virilité. D’après une étude commandée en 2012 par le club Paris Foot Gay auprès de 363 joueurs français, l’homophobie serait la principale discrimination dans ce milieu. Ainsi l’homosexualité reste un sujet tabou pour 63 % des professionnels et 74 % des jeunes joueurs. 41 % des footballeurs pros déclarent avoir une opinion hostile aux homosexuels.
 
Afin de lutter contre les stéréotypes, les initiatives n’ont certes pas manqué. En France, des clubs s’engagent depuis des années pour faire bouger les mentalités à l’instar du Paris Foot Gay qui réunissait hétéros et homos autour du ballon rond ou des Dégommeuses qui entraînent les lesbiennes. Dans la Turquie conservatrice de Recep Tayyip Erdoğan, le Sportif Lezbon, né de la fusion entre les équipes de filles Strapon et Elle, vient de rejoindre la Özgür Lig, une ligue turque alternative qui soutient la lutte contre le racisme, le nationalisme, l’homophobie et la transphobie.
 
Et si l’engagement sur le terrain est une priorité, côté gradins il y a aussi pas mal de boulot. Éduquer le supporteur lambda constitue un défi que relèvent match après match les fan clubs queer, présents en Suisse à Bâle, Berne et Zurich. Tous combattent les discriminations basées sur l’orientation sexuelle. Enfin, les instances du foot européen sont censées soutenir, à coup de campagnes de communication et de chartes éthiques, la lutte contre les discriminations en tous genres.
 
COMING-OUT
Pourtant, à la veille de l’Euro 2016, l’état des lieux n’est guère brillant. À ce jour, combien de joueurs ont-ils osé sortir du placard? On se souvient du milieu de terrain américain Robbie Rogers, passé par Leeds United, du défenseur suédois Anton Hysén, de l’international allemand Thomas Hitzlsperger. Et c’est tout, ou presque. Parce que dans la tête des personnes concernées, se déclarer ouvertement gay, c’est la mise en touche assurée voire l’exclusion définitive.
 
Certains craignent même pour leur vie. Le suicide de l’Anglais Justin Fashanu en 1998 suite à une campagne homophobe très violente marque encore les esprits. Les arbitres n’échappent pas non plus au harcèlement. Jesus Tomillero, premier arbitre gay d’Espagne, vient de raccrocher crampons et sifflets, «fatigué par tant d’homophobie dans le sport». Il avoue que depuis son coming-out, en avril dernier, «chaque jour a été pire. J’ai subi énormément d’insultes sur le terrain y compris de la part d’enfants de 6-7 ans.» Il a même été menacé de sanctions par la fédération s’il portait plainte.
 
Entre l’omerta et l’exclusion, il a préféré partir. En Turquie, Halil Ibrahim Dinçdag avait osé révéler son homosexualité en 2009 ce qui lui avait coûté sa carte d’arbitre de football… et donc la possibilité de travailler. Alors plutôt que de risquer de perdre son job, les gays qui se décident à parler de leurs attirances le font à la retraite comme Olivier Rouyer, l’ancien attaquant de l’AS Nancy-Lorraine, coéquipier de Michel Platini dans les années 1970.
 
LASSITUDE
 
Quand, en septembre dernier, l’emblématique club Paris Foot Gay annonçait sa dissolution, une vague de découragement avait submergé les plus militants. «Le combat n’avance plus tellement, même plus du tout», avait alors déclaré sur l’antenne d’Europe 1 Pascal Brethes, co-fondateur de l’association. Celui-ci pointait notamment l’absence de «volonté politique» mais également le laisser-faire des plate-formes YouTube ou Dailymotion en tant que relais massifs de l’homophobie. L’affaire de la vidéo de Serge Aurier, l’arrière droit du PSG, et de son traitement par les dirigeants du club et par les médias est à ce titre très révélateur. En minorant les propos insultants du joueur et en niant leur caractère homophobe, les uns et les autres rendent la discrimination acceptable au prétexte que c’est ordinaire, commun et pas si grave en fin de compte.
 
De quoi dégoûter celles et ceux qui se battent sur le terrain pour que les choses changent. Or comme le constate le psychologue Anthony Mette dans son ouvrage Les homos sortent du vestiaire tant que le foot sera «dirigé par des hommes uniquement, souvent âgés de plus de cinquante ans, qui sont dans une démarche de conservation des valeurs en place», il est peu probable que la stigmatisation des gays disparaisse des stades.
 
 
Dans le cadre de la journée internationale de lutte contre l'homophobie, des associations proposent avec légèreté un traitement médical imaginaire: une pastille contre les insultes et les violences envers les homosexuels.
 
 
PUBLICITÉ
«Pour vous aider à lutter au quotidien contre les symptômes de l'homophobie latente ou du syndrome du «je-ne-ne-suis-pas-homophobe-mais...» prenez un Homophobiol! Pour la 11e année consécutive, le 17 mai est une journée dédiée à la lutte contre l'homophobie et la transphobie sur tous les continents. À cette occasion, les associations française Aides et belge ExAequo, qui soutiennent la recherche contre le VIH et les maladies virales, proposent une campagne de sensibilisation humoristique: la sortie du médicament Homophobiol et d'un patch, certifiés comme étant «le premier traitement contre l'homophobie».
Une autre association, Sos-homophobie, publiait à l'occasion de la journée internationale de lutte contre l'homophobie un rapport annuel sur les violences causées aux homosexuels, bisexuels et transexuels. le rapport précise que les témoignages de victimes d'homophobie ont progressé d'environ 5,5% chaque année au cours des vingt dernières années (sans compter l'année 2013 où les chiffres ont presque doublé). Pour lutter contre ces agressions et les dénoncer, plusieurs actions sont aussi lancées par d'autres associations, notamment en France, pour témoigner des difficultés de vivre son homosexualité et du phénomène d'exclusion au sein de la société.
 
Un problème dans la société française
 
Dans chaque boîte du «médicament» Homophobiol, l'association Aides glisse un bonbon et un patch, en réalité un tatouage provisoire aux couleurs de l'arc-en-ciel devenu le symbole de la défense des homosexuels. «Nous avons décidé cette campagne avec Exaequo, en Belgique, et ensemble nous allons diffuser notre médicament et son patch largement, ça s'inscrit dans le cadre de la journée internationale de lutte contre l'homophobie mais ça devrait s'étaler. On a surtout envoyé le médicament à des parlementaires français bien connus, espérons qu'ils réagissent...! Des équipes d'Aides en ont aussi distribué à Paris et dans toutes nos antennes», explique Christian Andreo, le directeur délégué d'Aides interrogé par Le Figaro.
«Toutes les formes de discriminations homophobes ont un impact sur la santé des homosexuels et leur capacité à s'affirmer» précise Christian Andreo. L'objectif de cette campagne, placée sous l'angle de l'humour, est donc de rappeler l'actualité de «la question de l'inclusion des personnes homosexuelles dans la société, de leur capacité à en parler à leur médecin». Le directeur délégué de l'association explique en effet que certains homosexuels sont forcés de prendre contact avec Aides pour connaître les coordonnées de médecins dits «gay-friendly». «C'est signe qu'il y a encore un vrai problème dans la société française», témoigne ce militant très engagé dans la défense des droits des homosexuels.
Sur une notice glissée dans l'emballage, des indications précises et humoristiques établissent dans quels cas se soigner avec Homophobiol: «Ce médicament est indiqué en cas d'apparition des premiers symptômes d'homophobie: insultes, rejet, comportements aggressifs, paranoïa aiguë, imitations douteuses, blagues de mauvais goût... (...) Contre indications: aucune». «Si on a choisi l'angle de l'humour pour cette campagne, le problème reste que ce médicament n'existe pas! Dans les faits, notamment depuis les débats sur le mariage homosexuel, on a compris que la question de l'homophobie n'était pas réglée du tout!» détaille le directeur délégué.
Les insultes comptabilisées en temps réel
 
L'association Élus Locaux Contre le Sida (Elcs), fondée et dirigée par Jean-Luc Romero, élu du XIIe arrondissement de Paris, dévoile à l'occasion de cette journée un site répertoriant en direct le nombre de fois où des insultes homophobes sont utilisées sur Twitter. Nohomophobes.fr publie ensuite pour preuve les messages des internautes auteurs de tweets homophobes depuis plus d'un mois. Le 17 mai, à 17h30 par exemple, une des insultes les plus récurrentes contre la communauté homosexuelle avait déjà été utilisée par 2.870 personnes dans des messages visibles par tous.