Définition:

 

Le terme homophobie, apparu dans les années 1970, vient de homo, abréviation de "homosexuel", et de phobie, du grec phobos qui signifie crainte. Il désigne les manifestations de mépris, rejet, et haine envers des personnes, des pratiques ou des représentations homosexuelles ou supposées l’être. Ce n’est pas une construction étymologique puisque homo ne renvoie pas au radical grec.

 

Est ainsi homophobe toute organisation ou individu rejetant l’homosexualité et les homosexuel-le-s, et ne leur reconnaissant pas les mêmes droits qu’aux hétérosexuel-le-s. L’homophobie est donc un rejet de la différence, au même titre que la xénophobie, le racisme, le sexisme, les discriminations sociales, liée aux croyances religieuses, aux handicaps, etc.

 

Comment est-ce que ça se manifeste ?

 

Dans sa forme la plus violente, l’homophobie s’exprime par des violences physiques et peut dégénérer, de la bousculade, du passage à tabac, jusqu’au viol et même au meurtre.
Dans une forme plus quotidienne, elle se traduit par des réactions, avouées ou non, de rejet, d’exclusion : injures verbales ou écrites, moqueries, humiliations, harcèlements, refus de service, dégradations de biens et discriminations. Elle peut aussi se manifester par des formes de commisération, de dédain ou faire l’objet d’un tabou.
Elle se manifeste dans tous les domaines de la vie : famille, amis, entourage, voisinage, travail, collège, lycée, vie quotidienne, commerces, services, administrations, lieux publics…
Depuis 2003 et 2004, la loi française punit plus sévèrement les agressions et les insultes lorsqu’elles sont motivées par l’homophobie. Elles sont tout aussi répréhensibles pénalement que les comportements racistes ou antisémites.

 

Quelles sont ses conséquences ?

 

L’homophobie peut avoir des conséquences psychologiques, physiques et sociales dramatiques pour les personnes qui en sont victimes.
D’un point de vue  psychologique, les conséquences vont de la tristesse et du repli sur soi à l’inquiétude, l’angoisse, la dépression, voire à la tentative de suicide. Elles peuvent s’accompagner de différentes conduites à risque (alcool, drogues, rapports sexuels non protégés…).
Pour d’autres homosexuel-le-s, l’homophobie va au contraire susciter un sursaut de combativité qui les portera à affirmer leur orientation sexuelle et leur mode de vie.
D’un point de vue physique, les agressions peuvent engendrer de lourdes séquelles. Parfois même, les victimes n’y survivent pas.
D’un point de vue  social, l’homophobie peut aussi avoir des conséquences importantes et difficiles à gérer pour les personnes qui en sont l’objet, et ce dans différents domaines :

                dans le monde du travail, l’homophobie se manifeste par le refus de promotion, la mise au placard, et parfois même le licenciement ;

                dans la vie quotidienne, déménager ou changer d’établissement scolaire sont parfois les seules solutions permettant de fuir un quotidien insupportable ;

plus généralement dans la vie sociale, l’homophobie prend la forme du rejet, de l’incompréhension, de l’homosexuel-le ou trans.

 

La lutte contre l'homophobie

 

Outre un cadre législatif, encore insuffisant certes mais pour lequel SOS homophobie s’est battue car il permet aux victimes d’avoir un réel recours, notre association reste convaincue que la lutte contre l’homophobie passe par la mise en place d’une ambitieuse politique de prévention. Expliquer la diversité, rassurer, sensibiliser à l’acceptation des orientations sexuelles et identité de genre : autant d’objectifs que nous poursuivons dans notre lutte, au travers du travail de l’ensemble de nos commissions.Outils et dossiers de sensibilisation sont ainsi préparés et présentés autant que possible, partout où cela est nécessaire : milieu scolaire, auprès des policiers, dans divers contextes professionnels. Enfin, pour que cette discrimination ne soit plus considérée comme
négligeable, voire inexistante, notre lutte passe aussi par la visibilité de la réalité des agressions homophobes aujourd’hui. 

 

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